Un peu de Lumière face à cette sombre journée du 7 janvier

Publié le par Meli-Anne

Pour rendre hommage aux victimes de cet ignoble attentat perpétré hier dans les locaux de Charlie hebdo, voici un texte de Voltaire, ce grand philosophe des Lumières, qui, bien qu'écrit au XVIIIème siècle, est d'une terrifiante actualité. A lire, à relire et surtout à méditer :

Extrait de l'article « Fanatisme », Voltaire, Dictionnaire philosophique portatif, 1764

« Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un fanatique novice qui donne de grandes espérances; il pourra bientôt tuer pour l'amour de Dieu.
[...]
Il y a des fanatiques de sang-froid: ce sont les juges qui condamnent à la mort ceux qui n'ont d'autre crime que de ne pas penser comme eux; et ces juges-là sont d'autant plus coupables, d'autant plus dignes de l'exécration du genre humain, que, n'étant pas dans un accès de fureur comme les Clément, les Chastel, les Ravaillac, les Damiens, il semble qu'ils pourraient écouter la raison.
Il n'est d'autre remède à cette maladie épidémique que l'esprit philosophique, qui, répandu de proche en proche, adoucit enfin les moeurs des hommes, et qui prévient les accès du mal; car dés que ce mal fait des progrès, il faut fuir et attendre que l'air soit purifié. Les lois et la religion ne suffisent, pas contre la peste des âmes; la religion, loin d'être pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infectés. [...]
Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage: c'est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens-là sont persuadés que l'esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu'ils doivent entendre.
Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant?
Lorsqu'une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incur
able. [...]"

Ces fanatiques, si bien définit par Voltaire, ont tué Charlie, pensez-vous...Moi, je reste persuadée que l'encre est plus forte que la poudre. Et, oui Charlie vivra comme le proclame Laurent Joffrin dans son édito du 7 janvier dans Libération. C'est à nous lecteur et citoyen, de continuer à faire vivre Charlie. Renouons avec l'esprit éclairé, tolérant, empli de liberté de Voltaire. Ne laissons pas le fanatisme gangréner notre monde actuel.

Nous sommes tous des Charlie

Un peu de Lumière face à cette sombre journée du 7 janvier
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